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Syndrome de l’intestin irritable : peut-on s’en sortir avec les conseils trouvés sur Internet ?

31 août
5 min de lecture
Conseils sur Internet pour le syndrome de l'intestin irritable

Quand on souffre d’un syndrome de l’intestin irritable (SII) également appelé colopathie, on finit généralement par chercher des solutions sur Internet. On tape ses symptômes sur Google, on regarde des vidéos, on lit des témoignages, on découvre des listes d’aliments à éviter, des compléments alimentaires, le régime pauvre en FODMAP…


Le problème, c’est qu’on trouve tout et n'importe quoi sur internet. Au bout de quelques recherches, on peut facilement se retrouver avec 10 conseils contradictoires et une liste d’aliments à éviter qui s’allonge à vue d’œil.


Peut-on gérer son syndrome de l’intestin irritable seul ?

Bien sûr. Personne ne connaît mieux votre corps que vous. 

Vous êtes la personne la mieux placée pour remarquer qu’un repas passe particulièrement mal ou que vos ballonnements apparaissent davantage à certains moments. Et si vous avez trouvé des ajustements qui vous permettent de vivre correctement, que votre alimentation reste variée et que vos symptômes sont supportables, il n’y a aucune obligation de consulter.


L’accompagnement devient surtout utile quand vous ne savez plus ce qui déclenche vos symptômes, vous avez testé beaucoup de choses sans résultat, vous ne savez pas par quoi commencer ou vous ne voulez pas y passer un temps fou.


C’est là que le travail à deux prend tout son sens : À deux cerveaux, ça va généralement plus vite : le vôtre, qui connaît parfaitement vos symptômes, et celui du professionnel, qui sait quoi chercher.


Le problème des conseils sur le SII trouvés sur Internet

Il faudrait supprimer le gluten, les produits laitiers. Éviter certains fruits. Manger plus de fibres, moins de fibres. Arrêter le sucre. Prendre des probiotiques. Supprimer les aliments « inflammatoires »…


Le problème n'est pas uniquement que certaines informations soient fausses : des conseils qui fonctionnent très bien chez une personne peuvent être totalement inutiles chez une autre.

Deux personnes peuvent avoir des symptômes très différents. L’une sera surtout gênée par la constipation, l’autre par des diarrhées, une autre encore par des douleurs et des ballonnements importants. C’est une des grandes limites des conseils généraux trouvés sur Internet :

Ils parlent du SII. Ils ne parlent pas de votre SII.


L’intérêt d’un suivi avec un diététicien spécialisé dans les troubles digestifs est justement d'adapter la stratégie alimentaire à vos symptômes, vos habitudes et vos tolérances personnelles.


Quand plusieurs problèmes digestifs se mélangent, ça se complique encore

C’est quelque chose que je vois régulièrement en consultation : Une personne arrive avec un diagnostic de SII, mais lorsqu’on reprend l’ensemble des symptômes, on se rend compte qu’il y a parfois d’autres problématiques digestives qui se mêlent au tableau.


On peut ainsi avoir du reflux, une dyspepsie, un SIBO  ou d’autres problèmes qui viennent se superposer. L’endométriose, par exemple, peut également provoquer des symptômes digestifs et compliquer encore la lecture de ce qui se passe.


Et ça compte énormément en pratique.

Il faut réussir à prendre en compte plusieurs problèmes en même temps, sans améliorer l’un au détriment de l’autre. C’est là que l’expertise et la personnalisation de la prise en charge deviennent particulièrement utiles. Il ne s'agit donc pas simplement de se demander :

« Que dois-je manger pour mon SII ? » mais plutôt :

« Comment adapter mon alimentation et mon mode de vie à l’ensemble des symptômes que je présente ? »


« J’ai un SII, donc je vais faire le régime FODMAP »

C’est probablement ce qui m’inquiète le plus lorsque je vois des conseils sur le SII circuler sur Internet : on découvre le régime pauvre en FODMAP, on trouve une liste d’aliments autorisés et interdits et on se lance. Sauf que beaucoup de personnes commencent sans savoir que :

  • ce n’est pas un régime à suivre toute sa vie.

  • ce n’est pas la première chose à mettre en place lorsqu’on souffre d’un syndrome de l’intestin irritable, ni même que tout le monde n’en a pas besoin.


Et surtout, on sous-estime énormément l’investissement qu’il demande !


Le protocole FODMAP comporte plusieurs étapes. La période de restriction n’est que la première. Il faut ensuite tester les différentes familles de FODMAP pour comprendre lesquelles posent réellement problème, à quelles quantités, puis réélargir progressivement l’alimentation. C'est un travail qui demande du temps et de l'énergie.


L’objectif n’est surtout pas de finir avec une alimentation pauvre en FODMAP à vie. Une restriction trop importante maintenue inutilement peut avoir des conséquences sur le microbiote intestinal.


Le régime FODMAP n’est pas toujours une bonne idée… maintenant

Il reste une autre question à se poser : est-ce vraiment le bon moment pour le faire ?

Parce que le protocole FODMAP, aussi intéressant soit-il, est très chronophage et peut représenter une charge mentale importante.


Or beaucoup de personnes qui souffrent d’un SII sont déjà épuisées par leurs symptômes. Ajoutez un travail prenant, des enfants, d’autres problèmes de santé ou simplement une période compliquée de la vie, et le protocole censé aider peut devenir une contrainte énorme et on finit par se dire : « Encore un truc qui ne marche pas sur moi »

Ce n’est pourtant pas forcément que la méthode n'est pas bonne. Peut-être que ce n’était tout simplement pas la bonne stratégie à ce moment-là.


C’est aussi ça, personnaliser une prise en charge : ne pas seulement se demander ce qui pourrait être efficace, mais ce qui est réaliste pour vous aujourd’hui.


Le syndrome de l’intestin irritable ne se joue pas uniquement dans l’assiette

Quand on a mal au ventre après avoir mangé, il est assez logique de chercher le coupable dans son assiette.


Pourtant, le syndrome de l’intestin irritable est ce qu’on appelle aujourd’hui un trouble de l’axe intestin-cerveau. Cela ne veut absolument pas dire que « c’est dans votre tête ». Les douleurs, les ballonnements, la constipation ou les diarrhées sont bien réels.

Cela signifie simplement que l’alimentation n’est qu’une partie du problème. Donc si on ne regarde que le contenu de l’assiette, on risque parfois de supprimer de plus en plus d’aliments sans obtenir l'amélioration espérée.


L’objectif d’un suivi n’est donc pas uniquement de regarder ce que vous mangez mais d’essayer de comprendre tout ce qui peut influencer vos symptômes, puis de décider ce qui mérite réellement d’être travaillé.


Dans quels cas consulter une diététicienne pour un SII ?

Vous pouvez probablement continuer à avancer seul si vos symptômes sont devenus supportables et que votre alimentation reste suffisamment variée.


En revanche, un suivi diététique peut devenir nécessaire si :

  • vous ne savez plus quoi manger ;

  • vous avez l’impression d’avoir déjà tout essayé ;

  • vous passez beaucoup de temps à chercher des informations sans savoir lesquelles croire ;

  • vos symptômes vous poussent à refuser des sorties ou à ne pas manger dans ces moments-là par peur d'avoir des symptômes

  • vous envisagez de commencer un régime pauvre en FODMAP ou vous l'avez débuté seul et vous ne savez plus comment réintroduire les aliments ;

  • ou, tout simplement, vous en avez marre de passer autant de temps à penser à votre ventre.


Dans ces situations, l’intérêt du suivi n’est pas d’ajouter une nouvelle liste d’interdits à toutes celles que vous avez déjà trouvées sur Internet.

C’est plutôt de faire le tri, choisir les bonnes pistes et arrêter de tester des choses au hasard.


Le but n’est pas de passer votre vie à gérer votre syndrome de l’intestin irritable mais qu’il prenne le moins de place possible dans votre vie.


Vous cherchez une diététicienne spécialisée dans le syndrome de l’intestin irritable à Grenoble ou en visio ?

J’accompagne les personnes souffrant du SII et de troubles digestifs, à mon cabinet ou en téléconsultation.

Le suivi est adapté à vos symptômes, votre quotidien et vos contraintes. Le protocole pauvre en FODMAP peut être utilisé lorsqu’il est pertinent, mais il n’est ni systématique ni proposé par défaut. Je fais le point sur tout ce qui peut influencer vos symptômes : alimentation, sommeil, stress, activité physique, antécédant, etc... et nous construisons ensemble votre boîte à outils pour gérer plus facilement votre quotidien. Pour en savoir sur mon approche : Syndrome de l'intestin irritable.



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